Alexia Chaing, entre Art et Mémoire
Alexia, tatoueuse d’origine sino-cambodgienne, incarne avec passion l’art du tatouage traditionnel khmer. Spécialisée dans les ornements cambodgiens, elle a trouvé sa voie après un parcours étonnant, débutant dans les études de psychologie avant de se consacrer à sa vocation artistique.
Née et ayant grandi à Lognes, Alexia a d’abord pris un chemin académique, poursuivant un master en psychologie. C’est lors d’une visite dans un salon de tatouage avec un ami qu’elle a découvert sa
véritable passion. « En le voyant se faire tatouer, je me suis dit que c’était une activité à laquelle je pourrais apporter une valeur ajoutée », raconte t-elle. Après un an à l’étranger, dont un séjour au Cambodge, elle a décidé de se lancer dans le tatouage sous l’aile de Starasian, tatoueur expérimenté. Ses débuts ont été marqués par une exploration intensive des différentes techniques de tatouage. Puis avec le temps, elle a affiné son style et s’est spécialisée dans les motifs khmers, mettant en valeur les ornements traditionnels du Cambodge. Car pour Alexia Yumcha (son nom de tatoueuse), il s’agit avant tout de transmettre une culture riche et trop souvent méconnue.
Comme une évidence !
Cette volonté de faire rayonner le Cambodge l’a conduite à participer à un projet d’envergure : le Mémorial #Kh50, initié par l’association Fragmentis Vitae Asia. Le président de l’association, Sun-Lay Tan, l’a contactée en octobre 2023 pour qu’elle prenne part à la création de ce monument dédié à la mémoire et à la résilience du peuple cambodgien. En tant que directrice artistique, Alexia a conçu
les symboles qui orneront les stèles du mémorial. En collaboration avec deux autres artistes, Patrick et Ramya, elle a choisi des images fortes comme Hanuman, la conque, le lotus, les carpes koï et le parasol, qui incarnent respectivement la guerre, l’apprentissage, la résilience, la force et la protection.
Pour Alexia, ce projet va bien au-delà de l’art. Il s’agit d’un hommage personnel à ses parents, qui ont vécu la guerre au Cambodge et ont su reconstruire leur vie en France. « Ce mémorial est un remerciement à mes parents, pour leur force et leur courage », confie-t-elle. Aujourd’hui, Alexia incarne la résilience d’un peuple et la richesse de ses racines, alliant son talent artistique à son désir de faire rayonner la culture cambodgienne dans un monde souvent tourné vers l’oubli.